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C'est le nouveau blog de Nathalie Croisé...Sur ma route,la vie...La découverte que le bonheur est en soi..depuis, je fais mon chemin..

lundi 15 juin 2009

Nini même pas en rêve...

Rarement Nini avait connu une telle nuit. Son esprit en émoi a imaginé les meilleurs ou les pires moments de sa vie. Une grand tante. Nini se voit soudain princesse. Descendre les marches d'un escalier somptueux. Elle commence à compter 1,2,3..déjà 50 puis facilement 100...C'est sans fin.

Nul prince charmant à l'horizon..si, ce petit point là-bas. Petit, tout petit. Un monstre..Un blondinet, la mêche au vent la guette. Il tend ses bras courts et gourds pour accueillir sa douce. Non!!! Ce n'est pas ça, l'homme de mes rêves. Ce petit bonhomme arrogant et sûr de lui. Elle veut lutter. Tente de remonter les marches à contre-courant. Mais l'escalier se dérobe et laisse la place à un escalator qui l'entraîne vers son destin. Elle voudrait disparaître. Le play-boy a un sourire dents blanches de très mauvais goût. Bientôt la fin, ce destin impitoyable. Sa volonté sera plus forte. En un instant elle se retrouve à Venise. Vue imparable sur la place St Marc et le canal. A ses côtés, Jérôme Parigot. Elle l'attendait celui-là, le chouchou de ses dames. Il irradie de lumière au soleil couchant.

Aujourd'hui c'était le grand jeu. Promenade en gondole. Mais seuls au monde. Pas de mèmère en goguette ni de famille nombreuse en short, appareil photo en bandoulière. Non Venise était déserte. Il faut dire que le Jérôme avait bien vu. Départ à 5H30 du matin. Il faisait un peu frisquet au bord de l'eau. Quelques relents d'égoût malvenu mais quel romantisme. Et puis ce déjeuner aux chandelles dans une cave improbable (y'a des caves à Venise?). Elle sentait un peu le moisi (la cave). Mais son hôte avait tout prévu. A la main, une bombe de désodorisant. Et régulièrement un mouvement de bras nonchalant. Pas mal quand même d'être riche. Mais oui, je suis riche. Pas besoin de prince.

Pchitt le Jérôme se dégonfle comme une baudruche et disparaît du circuit. Nini n'a besoin de personne. C'est la Paris Hilton universelle, l'héritière de toutes les plus grandes fortunes rassemblées. Ce sont les autres qui lui courent après. Et là elle filerait bien au soleil. Un avion l'attend. Un jet quelque part...Air Chavaneau..Tiens bizarre, je ne connais pas..Elle s'éveille..Le notaire va l'attendre...

vendredi 12 juin 2009

Champagne!

La vie, c'est comme une bulle de champagne. Enfin pas toujours, pas tous les jours. Mais dans la mesure où on prend le plus de choses possible avec légèreté, c'est quand même pas mal comme devise. Ca me convient
Et parfois je joins le geste à la parole. Mais attention toujours avec modération comme on dit dans les bonnes campagnes de publicité. Prenons la vie comme elle vient..alors je vous dis:
Champagne!

jeudi 11 juin 2009

Gnarf-Gnarf y voit clerc..de notaire

Le bureau du notaire est verdâtre, limite moisi. Gnarf-Gnarf a un haut le coeur en rentrant. Ca le change des bonnes odeurs de petits plats de Raymond. Tant pis il va se pincer le nez quelques minutes, c'est pour la bonne cause. La vieille pimbèche a dû lui laisser un sacré pactole.

De quoi voir la vie en rose. Ca lui remboursera largement ses fleurs et ses courbettes du dimanche. Le nain a un sourire en coin de mauvais augure. Le naturel revient vite au galop. Et sa nature la plus vile transparait par tous les pores de sa peau. Il est radin. C'est ainsi. Et même la gloire et les paillettes de Dalida n'y changent rien. Il sent l'odeur d'un billet de banque à des kilomètres. Maître Chavaneau entre soudain. Le notaire a l'air facétieux, derrière ses lunettes, c'est d etrès bon augure. Gnarg-Gnarf sent que ce vendredi 13, c'est son jour de chance. Sans loto. Il montera les marches de la gloire alors que son aieule a expiré au pied d'un escalier. Curieux la vie quand même. Le notaire le salue. Prépare quelques papiers. Se racle la gorge et regarde sa montre. Le nabot commence à transpirer à grosses gouttes. "Nous attendons quelqu'un?". "Oui", répond Maitre Chavaneau sans autre forme de procès. Gnarf-Gnarf n'ose pas demander plus.

Je ne sais pas, quelqu'un qui vient prendre note. Ou alors il manque un document important et un coursier arrive. Le gnome ne peut pas croire que son destin va basculer comme ça, qu'un rouage va se gripper. "Vous êtes aussi vert que mon bureau..allez prendre l'air." Le nain s'exécute, un peu contraint. Il ne comprend plus. Tata Lucie n'avait pas de descendant, plus de frère ni de cousine, elle les avait tous enterrés..et puis il n'a jamais vu personne au dîner de famille. Il respire un grand coup. Cela ne peut pas être la fin du monde. Impossible..il n'a pas fait autant d'effort pour échouer au pied du podium. Il retourne fébrile au bureau. s'assoit. Son coeur bat la chamade et son pied rythme les mouvements de son pouls. Le notaire est agaçé. Regarde encore sa montre. On frappe à la porte. Une jeune femme brune apparaît.

Tout sourire dans un tailleur pantalon joliment coupé. "Mignonne la donzelle", se dit le nain incorrigible qui lui balance son sourire numéro 3. Elle s'approche. "Je vous présente Nini Quincampoix, arrière petit nièce de Lucie Favert". Là le nain devient aussi vert que les sièges du bureau et oublie le sourire des minutes passées..

mercredi 10 juin 2009

On n'oublie rien

Une pause musicale dans ce blog..une chanson de Jacques Brel tout simplement pour ses paroles si justes..rien à rajouter..


On n'oublie rien de rien

On n'oublie rien du tout

On n'oublie rien de rien

On s'habitue c'est tout

Ni ces départs ni ces navires

Ni ces voyages qui nous chavirent

De paysages en paysages

Et de visages en visages

Ni tous ces ports ni tous ces bars

Ni tous ces attrape-cafard

Où l'on attend le matin gris

Au cinéma de son whisky

Ni tout cela ni rien au monde

Ne sait pas nous faire oublier

Ne peut pas nous faire oublier

Qu'aussi vrai que la terre est ronde

On n'oublie rien de rien

On n'oublie rien du tout

On n'oublie rien de rien

On s'habitue c'est tout

Ni ces jamais ni ces toujours

Ni ces je t'aime ni ces amours

Que l'on poursuit à travers cœurs

De gris en gris de pleurs en pleurs

Ni ces bras blancs d'une seule nuit

Collier de femme pour notre ennui

Que l'on dénoue au petit jour

Par des promesses de retour

Ni tout cela ni rien au monde

Ne sait pas nous faire oublier

Ne peut pas nous faire oublier

Qu'aussi vrai que la terre est ronde

On n'oublie rien de rien

On n'oublie rien du tout

On n'oublie rien de rien

On s'habitue c'est tout

Ni même ce temps où j'aurais fait

Mille chansons de mes regrets

Ni même ce temps où mes souvenirs

Prendront mes rides pour un sourire

Ni ce grand lit où mes remords

Ont rendez-vous avec la mort

Ni ce grand lit que je souhaite

A certains jours comme une fête

Ni tout cela ni rien au mondeNe sait pas nous faire oublier

Ne peut pas nous faire oublier

Qu'aussi vrai que la terre est ronde

On n'oublie rien de rien

On n'oublie rien du tout

On n'oublie rien de rien

On s'habitue c'est tout.

mardi 9 juin 2009

Nini a le coeur gros



Nini n'en revient pas. Un notaire lui explique qu'elle a une arrière grand tata de 90, bientôt 91 qui vient de finir sa vie au pied de son escalier et qu'il faut qu'elle se rende à son cabinet fissa ce lundi. Qu'est ce que c'est que cette histoire? Je ne la connais pas, cette vieille dame. Elle apparait dans ma vie, le jour où la sienne s'éteint. Clin d'oeil étrange de Dieu. S'il existe, il est bien facétieux celui-là. Elle sourit à Grégoire. Lui raconte la nouvelle. "Pour qu'un notaire appelle aussi tard, c'est qu'il doit y avoir héritage".

"Oui des armoires bourrées de mites et les oeuvres complètes de la Pleiade poussièreuses." Ne ris pas, tu ne sais jamais." Nini décide de clore le chapitre. La soirée se poursuit. Sans plus. Grégoire veut l'emmener en boîte. Elle prétexte fatigue et migraine. Très bon, la migraine pour faire croire n'importe quoi. Il la raccompagne. Devant sa porte, il tente de prendre sa main. Elle esquive. Et lui dépose un léger baiser sur la joue. "Merci pour la soirée, je suis désolée, j'ai eu beaucoup de travail cette semaine..""On se reverra une autre fois "C'est ça, play-boy". Ca c'est ce qu'elle se dit dans la tête. Face à Grégoire elle préfère jouer les silencieuses. Ca aussi, c'est un truc de fille. Elle rentre chez elle et cherche dans les albums photos de famille. Tante Lucie..Rien de précis. Ce serait la soeur de son grand-père. Mais à part une photo de l'aieul en costume militaire. Rien du tout. Il a parcouru le monde, vécu en Afrique. Elle l'a à peine vu. il est mort, elle avait 10 ans tout juste. Et soudain sa mère. Trop tôt disparue. L'émotion surgit. Elle n'y songeait plus depuis longtemps. Une robe d'été dans le vent. Une pose alanguie le long de la plage.


Elle était belle. Elle offrait tellement de bonheur. Elle croquait la vie mais celle-ci ne lui a pas fait de cadeau. Enfin c'est plutôt la mort qui s'est bien amusée. Nini ne veut pas pleurer. Ce soir elle n'est pas d'humeur. La tristesse cumulée à la fatigue, c'est radical. Elle file dans sa salle de bains. Il doit bien lui rester un somnifère. Elle en avait demandé pour son dernier voyage en avion. Elle veut se reposer. Demain sera un autre jour. Et sûrement lundi...

lundi 8 juin 2009

Gnarf-Gnarf ne rendra pas la monnaie

Tante Lucie n'est plus de ce monde. A la veille de ses 91 ans..La chute..Bête et méchante dans l'escalier. Elle n'a jamais voulu déménager, cette vieiille furie. Elle y tenait à son 3ème étage. Oui mais voilà la loi exige de changer l'ascenseur. Alors il ne fonctionnait pas. Qu'à cela ne tienne, il lui fallait ses délicieux macarons caramel qu'elle engloutissait devant la télé le soir.

Sa canne à la main, elle partit seule. Elle ne revint jamais. La marche loupée..et c'est la fin d'une existence. On est bien peu de choses. Gnarf-Gnarf voudrait s'attendrir. Il ne peut pas. Tante Lucie, c'était un compte en banque ambulant. Depuis un mois évidemment, le neveu avait disparu du circuit. Sans donner d'adresse et de précision. Mais pendant 20 ans il s'est quand même fendu d'un bouquet pour écouter cette vieille folle et ses histoires d'amour. Elle a eu la bonne idée de ne pas avoir d'enfant. Oublié Lili, le naturel du nabot revient au galop. Avec l'argent , il va pouvoir écrire le livre de sa vie. Monter un vrai spectacle. Et enfin être reconnu.

Et Cendrillon et Blanche Neige seront à ses pieds. Il soupire d'aise et tapote son estomac devenu bien rond. Il n'est plus tout jeune mais soudain il se sent fringant. Il va falloir retourner à Paris. Trouver un costume noir à sa taille. Trouver la mine adéquate pour deux jours. Et puis à lui la monnaie. "T'as l'air très heureux, Gnarf". "Oui, Raymond.".il voudrait dire mais il se retient. Si ça se trouve le garagiste va lui en demander du fric..Ami peut-être mais là il ne connait plus personne le gnome et pas besoin de Harley Davidson. "Il va falloir que je reparte quelques jours. "Rien de grave?"

"Non au contraire..Enfin je veux dire, un truc à régler mais je serai là pour le spectacle de vendredi. Si ça se trouve on pourra même faire de belles améliorations. Bon je file me coucher..Je vais partir tôt. "Gnarf-Gnarf s'endort heureux ce soir. Son bonheur c'est peut-être la scène mais avec des liasses de billets c'est carrèment le Nirvana. Il se lèvera à 5H mais il ne sait pas ce qui l'attend..

vendredi 5 juin 2009

Gnarf-Gnarf..le retour:)

Gnarf-Gnarf se démaquille lentement devant sa glace. Très belle soirée, il avait répété du Dalida. Un peu fébrile sur scène, son coeur battait la chamade avant le "Moi, je veux mourir sur scène". Et finalement il aurait pu passer de vie à trépas à ce moment là que ça ne lui aurait fait ni chaud ni froid. Un public, du bonheur. Que demander d'autre?

Le Bon Dieu aurait eu beaucoup d'indulgence pour le pauvre bougre qu'il est. Mais voilà, il continue encore. Et la foule a adoré. Un tonnerre d'applaudissements. Coup d'essai, coup de maître. Zaza en coulisses n'en revient pas. Le maître dépasse l'élève maintenant. Ils se partagent les soirées. Première partie ou vedette le vendredi. Et le samedi, c'est Lili qui s'y colle. Toute seule comme une grande. Parce que Gnarf-Lili prend de l'ampleur avec le temps. Elle s'arrondit aussi de plus en plus. Car Raymond est un cordon bleu. Et le soir après des heures le nez dans le moteur, Raymond n'a pas peur de se mettre derrière les fourneaux. La gourmandise prend le dessus. Et Gnarf-Gnarf en profite. Spaguetti al pesto, poule au pot, hachis parmentier, moussaka et autre ragout de mouton. Un melting-pot de la casserole. Sans parler des desserts. Zaza excelle dans le gâteau au chocolat.

Les bourrelets du gnome en témoignent. Son estomac déguste. Sa délicieuse moitié n'a jamais daigné lever plus d'un doigt en cuisine. Le traiteur faisait usage ou Monsieur Picard, grand ami de la famille. Glauque, pense le nabot. Qui ne regrette pas sa vie d'antan. Il a prévenu tout le monde. Congé sabbatique. Il n'a plus beaucoup d'argent de côté mais tant pis..il sait que ces proches ne manqueront pas..pour le moment. Alors, il vit au jour le jour. Et se sourit dans la glace. Depuis un mois, il grommelle à peine.

Prend le temps de lire. De répéter des chorégraphies. Et aussi de griffonner quelques notes. Pour un livre peut-être. Mais un vrai. Pas du semi-professionnel de son métier à lui qui tue sa race. Il sait que Raymond a préparé un gratin dauphinois. Ses papilles déjà frémissent. Mais son portable vibre. Il ne l'allume pas souvent. Il le regarde. Un peu absent. Et soudain, il le sait, il va devoir retourner à Paris...

jeudi 4 juin 2009

Home sweet home

Evidemment il y en aura toujours pour dire: c'est fait avec l'argent de PPR, groupe de luxe. Les 88 employés sont d'ailleurs mis d'emblée en avant .Impossible de passer à côté. Evidemment il y en a qui diront,c'est Luc Besson toujours sur les bons coups peut-être tre mais il sait avoir de l'audace aussi.Evidemment il y en a pour dire,c'est Yann Arthus-Bertrand toujours en vedette qui nous donne des leçons du haut de son hélicoptère.

La critique est aisée,quand elle est constructive c'est parfait. Et quand on voit le monde qu'on laisse en héritage,on se dit que la critique ne suffit pas et qu'il faut bouger. N'empèche,grâce à ce beau monde,Home va être diffusé dans plus de 180 pays dans une bonne vingtaine de langues. Sur grand écran et en plein air dans plusieurs villes dont Paris mais aussi sur le net.C'est bon de voir de l'argent investi pour une cause: donner une vision de ce qui nous attend si nous ne changeons rien.On sait tout ca diront certains mais ces superbes images nous emportent malgre tout.La banquise qui a fondu de 40% en quarante ans.Et 20% des hommes qui exploitent 80% des richesses. Image frappante au Nigéria. Au premier plan des bidonvilles,la caméra avance pour laisser apparaître une raffinerie de pétrole. Terrifiante. L'Afrique regorge de richesses mais ses habitants sont sur le carreau. Ca froisse notre âme d'occidental , mais noire de coeur comme je suis,j'ai envie de dire "Regardons-nous autrement". Pendant ce temps là en plein désert, on construit Las Vegas et on laisse les lumières briller toute la nuit sur Los Angeles.

Nul n'est parfait mais il faut arrêter de croire que tout est permis. Nous nous comportons en enfants gâtés.L'or noir a changé la face du monde en 50 ans mais il n'est pas la panacée.C'est le soleil , notre survie.Et si les panneaux fleurissaient le monde. Il n'y a pas de misérabilisme dans Home,il donne a voir et se finit même sur une note d'espoir.Homo sapiens que nous sommes,nous saurons peut être changer notre destin. Certains y travaillent déjà.Quand je regarde mes enfants,je me dis que je ne veux pas leur laisser en cadeau empoisonné cette société de consommation égocentrique.Peut-être qu'au pied du mur,nous allons enfin nous sentir.. humains.

mercredi 3 juin 2009

Nini se ferait bien la belle...

Elle est belle comme un coeur Nini. En même temps, trois heures de ravalage de façade, ça ne peut pas passer inaperçu. Non? Elle a donc rendez-vous avec Grégoire ce soir. Délicieux collègue de travail. Jamais un mot plus haut que l'autre. Il n'hésite pas à lui tenir la porte à l'occasion. Le gendre idéal.

Brun, 1m85, yeux bleus. Un vrai bonheur quoi. Sauf que Nini, elle adore rire. Elle plaisante tout le temps. Et le Grégoire, on dirait qu'il rigole quand il se brûle. Il a oublié la nécessité de faire travailler ses zygomatiques. Alors elle a accepté son invitation à dîner. Sans grande conviction. Enfin si parce que c'est le Ximmax..on ne sait jamais, il y aura peut-être des vedettes. Et sa copine Lolo est verte de jalousie. Rien que pour ça ,elle attend de se ballader fièrement au bras de Grégoire. Mais là, c'est la tuile. Le serrurier s'échine sur la porte. 120 euros pour lui restituer sa clé. Ca fait cher. Elle aura du retard. Et elle a pu sourire à l'artiste de la clef à la mollette, rien n'y fait.

Le chèque passe d'une main à l'autre. Grrrr..Grégoire était prévenu et il attend sagement. Sourire figé et tiré à quatre épingles. Rien de travers. C'est agaçant. Elle lui passerait bien la main dans les cheveux pour l'ébourrifer un peu. Elle lui desserrerait bien le noeud de cravates au play-boy des bacs à sable mais ça ne se fait pas. La conversation s'engage. Pas passionnante. Comment lui dire qu'elle a passé l'après-midi dans la salle de bains. Lui, jogging, puis tennis avec un copain, shopping express du côté des Champs puis détour par le bureau pour régler quelques dossiers. C'est de l'homme d'affaires ça, ou je ne m'y connais pas. Il lui jette un regard en biais. Elle esquisse un sourire. Juste pour lui faire plaisir "Il commence à me gonfler, l'homme parfait "(Petite parenthèse de l'auteur: avez-vous remarqué mesdames à quel point nous passons notre temps à nous plaindre que l'homme parfait n'existe pas et finalement quand on en trouve un bien propret..eh bien,non, pas assez fou..estampillé tout de suite le prince charmant..Nous ne sommes pas à un paradoxe près mais c'est un peu pour cela que vous nous aimez, Messieurs, non.??).

Bon je ferme la parenthèse, Nini s'ennuie un peu en fait. Le restaurant est magnifique. La carte impeccable mais pas la moindre star, ni une petite célébrité à l'horizon. Mais c'est qu'il va me prendre la main, ce blanc-bec. Elle ne veut pas, fait semblant de chercher quelque chose dans son sac. Qu'est ce que je fais ici? Son portable sonne. Sauvée par le gong. Elle regarde l'écran. Et ne sait pas qu'elle va être bientôt riche...

mardi 2 juin 2009

Nini va finir fripée..

2H15. Cela fait 2H 15 que Nini passe du temps entre sa salle de bains et son armoire. Epilation, bain moussant, gommage, vernissage des ongles..des pieds, des mains, des...Et puis le choix de la tenue adéquate. Sa carte bleue lui a fait faux bond donc il faut chercher dans ce fatras innommable. Car Nini est fâchée. Très fâchée même avec le fer à repasser. C'est en ultime-et utile- recours qu'elle s'empare de cette ustensile indispensable au confort de la femme moderne. A peine sortie de la machine à laver et après le traditionnel séchage, les tenues atterrissent dans l'armoire. Sans autre forme de procès et sans rangement élabordé.

Faut pas pousser quand même. Les robes, les pantalons, les chemises s'étalent dans sa petite chambre. Et Nini ne sait plus où donner de la tête. Il est mignon, Grégoire. Va pas falloir le décevoir. Mais une petite robe noire, ça fait "j'ai enterré ma grand mère la veille", un truc trop flashy c'est "Saturday Night Fever", si elle met des bas, ca fait "j'aimerais bien là tout de suite maintenant, pourquoi pas sur le capot de ta voiture" et un jean 'c'est plutôt "pique-nique en campagne mais on verra plus tard". Elle ne sait plus , le temps file à la vitesse de l'éclair. Et elle n'est pas décidée. Et les sous-vêtements. Elle ouvre son tiroir


"Aie, le cauchemar..l'ongle qui casse. Grrrrrr..Finalement pourquoi se fatiguer? "Tu bai.. ou pas, ça irait plus vite,non? Est-ce qu'ils nous regardent vraiment les hommes? Certains sont prêts à vous arracher le sous-tif avec les dents. Pour 80 euros de bout de tissu, ça fait très très cher le coup de dent. IlL faut que ça vaille le coup tout court. Elle en a marre soudain. Lasse, la Nini après son samedi à rien faire dans son canapé. Il la prendra comme elle est. Enfin, elle veut dire qu'il l'acceptera comme elle est. Un point, c'est tout. De toute façon elle ne sait pas pourquoi elle a dit oui. Mignon oeut-être mais il a l'air d'avoir la conversation d'une huître au mieux d'un oursin..Un pantalon noir et un haut simple et sympathique fera l'affaire. C'est tout...Il est temps de partir. Le métro n'attend pas. Nini se dépèche. Enfile ses chaussures en catastrophe. Et claque la porte. La clé est restée à l'intérieur..